grandeurs macro-économiques

La politique monétaire

En 1999, la politique monétaire s'inscrit dans un contexte économique et financier marqué par une forte contrainte budgétaire. Elle vise la maîtrise de la liquidité intérieure en vue d'assurer la stabilité des prix et soutenir les efforts de redressement économique.

Comparaison Objectifs - Réalisations 

  Objectifs Réalisations
Masse monétaire 0.40% -1.60%
Avoirs extérieurs nets 65.50% 4.00%
Crédit intérieur nets -4.40% -3.10%
. Crédits à l'économie -1.70% -2.00%
. Crédits net à l'Etat -7.60% -4.50%
Taux de liquidité de l'économie (M2/PIB) 17.80% 16.60%
Vitesse de circulation de la monnaie    
PIB hors pétrole /M2 4.25% 3.80%
PIB total/M2 5.90% 6.00%
Taux de couverture extérieur de la monnaie 26.20% 15.80%

La politique monétaire restrictive de la BEAC s'est traduite par une contraction de la création monétaire ; ainsi, la masse monétaire dont l'objectif de croissance était fixé à 0,4 % enregistre une baisse de 1,6 % Cette contraction de la masse monétaire est également le reflet de baisse de l'activité économique au cours de l'année. De même, le taux de liquidité de l'économie s'inscrit en deçà des prévisions : 16,6 % au lieu de 17,8 % prévu. La vitesse ce circulation de la monnaie (6) se situe très légèrement au dessus du niveau attendu (5,9). 

L'objectif d'une reconstitution de 65,5 % des Avoirs Extérieurs Nets en fin 1999 n'est pas atteint. Les réserves de change se sont certes reconstituées de façon substantielle : de-150% en 1998, l'évolution est de 4 % en 1999, mais elle reste bien en-deçà de l'objectif fixé. Par contre, le solde du compte d'opérations se consolide de 37 %, passant de 8,1 milliards en fin 1998 à 11,1 milliards en fin 1999. 

Reflétant cette consolidation des réserves de change, le taux de couverture extérieure de la monnaie (taux de couverture des engagements à vue par les avoirs extérieurs) s'est amélioré de 5,6 points en décembre 1999, avec un taux de 15,8 % contre 10,2 % en décembre 1998 ; mais II demeure en deçà du taux statutaire (20 %) et de l'objectif visé (26,2 %). Le crédit intérieur a baissé comme attendu, mais dans une moindre proportion que prévu. D'un objectif de -4,4 %, le recul est de -3,1 %.

      Cette évolution est le fait d'un moindre recul des crédits nets à l'Etat (-4,5 % au lieu des -7,6 % prévu). Les crédits à l'économie par contre enregistrent une baisse plus que proportionnelle à celle attendue (-2 % au lieu de-1,7% prévu). 

En 1999, l'inflation recule sensiblement, passant d'un taux de 2,1 % en 1998 à -0,7 % en moyenne annuelle. C'est le résultat à la fois de la contraction de la masse monétaire (M2) et de la politique restrictive de la BEAC. 

La politique des taux d'intérêt 

La politique des taux est restée stable au cours de l'année. Les taux directeurs et les conditions de banques n'ont été réaménagés qu'une seule fois à la hausse. Ainsi, le 12 mai 1999, le Taux d'Intérêt d'Appels d'Offres (TIAO) est élevé à 7,6 % contre 7 % , celui des Prises en Pension (TIPP) à 9,6% au lieu de 9 %.  Le Taux Créditeur Minimum (TCM) est passé de 4,75 % à 5%, celui des Avances au Trésor Nationaux (TATN) de 7 % à 7,6%. Par contre, le Taux de Pénalité aux Banques (TPB) et le Taux Débiteur Maximum (TDM) sont restés inchangés, respectivement à 15 % et 22 %.

Taux d'intervention de la BEAC et conditions bancaires 

  TIAO TIPP TDM TCM TATN TDS
Mai. 97 7.50% 9.50% TPB +7% 5.00% 8.00% 3.00%
Déc. 98 7.00% 9.00% TPB +7% 4.75% 7.00% 2.15%
Juin. 99 7.60% 9.60% TPB +7% 5.00% 7,60ù 3.15%
Déc. 99 7.60% 9.60% TPB +7% 5.00% 7.60% 3.15%

Source : BEAC

Le Taux d'Intérêt Sur Placements (TISP), a été également réaménagé à la hausse et s'établit comme suit pour les différentes échéances : 
Placements à 7 jour : 3,15% au lieu des 2,75 % 
Placements à 28 jours : 3,15 % majoré de 1/16è de point,
Placements à 84 jours : 3,15 % majoré de 1/8è de point. Ce réaménagement a fait suite à la dégradation continue du solde du compte d'opérations.  

Le refinancement bancaire 

La Politique de refinancement bancaire est, avec la fixation des taux d'intérêt, l'autre instrument utilisé par la BEAC dans le cadre de sa mission de contrôle et de gestion de la liquidité au sein des économies de la sous-région.  L'objectif de refinancement représente le potentiel de liquidité que l'Institut d'émission est susceptible d'injecter en faveur des banques dans le cadre du marché monétaire.   

Evolution des principaux soldes de la balance des paiements : 1998/1999

 En mai 1999, la BEAC a réduit de 20% le plafond de refinancement pour le Gabon, le fixant à 12 milliards de FCFA contre 15 milliards précédemment. 

Cette mesure, en plus de la dissuasion exercée par le réaménagement à la hausse des taux d'intervention de la Banque Centrale, a permis de contenir la création monétaire. Elle a par ailleurs permis de maintenir à un niveau raisonnable l'encours moyen des interventions de la Banque Centrale en faveur des banques primaires (en moyenne 11 milliards par mois), évitant ainsi une trop forte expansion du crédit, et partant le risque inflationniste.