Un peuplement pacifique multiséculaire

Les traces d'occupation préhistorique autour de Libreville sont indubitables, même si l'absence d'ossements, qui ne se conservent pas en terrain humide, ne permet pas de définir avec certitude leur origine. Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit là des plus anciens habitants connus du Gabon, bien avant les Pygmées dont l'arrivée ne remonte  qu'à 5000 ans avant JC.  

Le peuple de la forêt

La forêt, refuge des pygmées, recouvre 80% du territoire gabonais

Chassés du Sahara par sa rapide désertification, les peuples Pygmées restent très  longtemps,  jusqu'au  Xle  siècle après JC, les seuls habitants du Gabon. Appartenant aujourd'hui encore au paléolithique par leur mode de vie et leur technologie. Pacifiques, vivant en symbiose totale avec la forêt qui les protège et les nourrit, les Pygmées n'ont jamais été conquis mais plutôt pourchassés et repoussés au plus profond de la forêt équatoriale primaire qui  recouvre  la  quasi  superficie  du Gabon par des tribus plus agressives ou techniquement plus évoluées.  


Le mystère Bantou


Issus d'un petit noyau né dans le nord de l'Afrique dont on ne connaît pratiquement rien, les Bantous ne désignent pas une origine ethnique, mais une famille linguistique.   Quittant   la   zone   sahélienne   vers 5 000 avant JC, ils descendent lentement vers te sud, conquérant peu à peu les peuples qu'ils rencontrent, leur imposant leur langue mais avec lesquels ils se métissent durant plus de 70 siècles.

Les M'Pongwé s'installent à Libreville  et  Port-Gentil
Arrivant dans la région de l'Estuaire au  Xle siècle, les M'Pongwés de la branche Myéné s'y installèrent lentement jusqu'au XVIIIe siècle. Ce n'est qu'au XVIe siècle que d'autres groupes descendent plus au sud pour se fixer dans le delta de l'Ogooué.

Les choses se compliquent!

C'est à partir du XVIème siècle que des groupes ethniques très variés commencent  à  arriver   au   Gabon,   d'abord   par  la vallée  de  l'lvindo  (Bakélés,  Simba,  Mitsogho, Okandé, Bakota, Bélinga), puis  par  le  sud  (Eshiras,  Bapunu, Balumbu  puis  M'Bédé,  Bandjabi, Batsangui, Aduma, etc.). Cette mosaïque d'ethnies ne s'est cependant pas constituée dans la violence comme c'est souvent le cas, les Pygmées cédant le terrain des vallées sans discuter pour se réfugier dans les montagnes inaccessibles  aux différentes  communautés, composées de quelques familles tout au plus, qui se partagèrent les terres ainsi libérées de manière pacifique.  Nomades, elles ne se fixaient pas sur un territoire précis et il résulte de ces migrations successives un enchevêtrement complexe aux contours diffus et métissés.

Les conquérants fang

Au XIXe siècle, les Fang envahissent le nord-est du Gabon, provoquant un glissement vers le sud des autochtones qui se tassent un peu plus dans les régions déjà peuplées. Les Fang s'installent nombreux et organisés dans le Woleu N'Tem, l'Estuaire et la Guinée Équatoriale.