La remise en ordre des finances de l'Etat

Le pétrole générant environ 63 % des recettes de l'Etat, la chute du baril en 1998 et les dérapages des dépenses publiques a plongé le Gabon dans une crise financière sans précédent : chute du PIB de 16%, doublement de la dette intérieure, arrêt des chantiers en cours, fermeture de nombreuses sociétés et  mise en veille de filiales sociétés étrangères...

  Encours de la dette ( Mds FCFA)
  Règlement de la dette (Mds FCFA)
  Encours / PIB (  % )
  Règlement  / exportation ( % )


Emile DOUMBA serre la ceinture

En janvier 1999, lorsque Emile DOUMBA arrive aux affaires au titre de Ministre des Finances, le pays est en quasi-cessation de paiement: la croissance est négative, le chômage atteint des sommets, le service de la dette atteint les 1 500 milliards de F CFA et le budget de l'Etat est à la dérive. Cette même année, l'Agence Française de Développement annonce son refus de tout décaissement et le FMI se fait intraitable sur la signature d'un accord. Malgré les  efforts  déployés  par  le  Président Bongo lui-même pour défendre le bilan de  son  gouvernement  à  Paris, Washington, au Canada et dans divers pays du Golf, il doit se résoudre à la fin de l'année, à annoncer une série de mesures sévères de réduction des dépenses de l'Etat : chasse aux fonctionnaires fantômes, réduction des agents de l'Etat, des effectifs dans les cabinets ministériels, suppression de secrétaires d'Etat et de ministres (le gouvernement passe de 42 à 32 membres), baisse des frais de mission pour les hauts fonctionnaires et des indemnités pour les parlementaires. L'enveloppe de la dette interne, délestée de créances jugées fictives, est diminuée de moitié.

Le poids de la dette

Engagé en 1997, te processus de privatisation  est  accéléré  :  Postes  et Télécommunications, qui deviennent Gabon Télécom et Gabon Poste, l'Octra devenu Transgabonais, Société Sucrière du Haut-Ogooué devenue Sucaf, les ciments  du  Gabon,  Hévégab  et Agrogabon. Autant de rentrées annoncées qui doivent permettre de renflouer les caisses de l'État et atténuer le poids d'une dette trop lourde qui asphyxie le Pays.
La remontée des cours du Pétrole et la dépréciation du cours de l'Euro face au Dollars  ont  largement  contribué  à appuyer la politique d'apurement des arriérés extérieurs, permettant la signature d'un accord avec le FMI le 24 octobre 2000 et le rééchelonnement de 532 millions d'USD avec le passage du Gabon en Club de Paris le 14 décembre 2000. Quant à la dette intérieure, elle semblait en cours de paiement en 2000. En 2001, certaines entreprises se plaignent à nouveau de retard de règlement.