Activité nationale

Les banques commerciales et de dEveloppement

L'événement majeur du marché bancaire gabonais au cours de l'année 1999 reste la mise sous administration provisoire de la Banque Populaire. Cette mesure a été prise au mois d'octobre par la commission bancaire de l'Afrique centre (COBAC), en accord avec l'autorité monétaire, dans le but de sauvegarder cet établissement. Dans l'ensemble, le secteur a enregistré un ralentissement de son activité, inhérent à la morosité de la conjoncture économique nationale. Ces contre-performances s'expliquent également par les difficultés financières de l'Etat qui demeure par ailleurs l'un de ses principaux débiteurs.
 Au niveau des Banques de développement, le Crédit Foncier du Gabon a cessé ses activités et l'intégralité de son portefeuille est reprise par la Banque Gabonaise de Développement.

Les ressources

Les fonds propres nets des établissements bancaires s'établissent à 119,6 milliards, contre 126,5 milliards en décembre 1998, soit une nouvelle baisse de 5,4%. Le stock des dépôts collectés s'élève à 356,7 milliards en 1999 contre 343,8 en 1998, soit une augmentation de 3,7% due à la croissance des dépôts à vue (8,9%) et des dépôts à terme (0,6%). 

La liquidité des banques a continué à se dégrader en 1999 à cause du ralentissement de l'activité économique qui rend de nombreux agents économiques financièrement exsangues, et du retard de paiement des créances de l'Etat. En dehors de la BGD qui est prêteuse nette sur le marché monétaire, toutes les banques commerciales demeurent emprunteuses nettes comme l'année précédente.

Les emplois

L'encours total des crédits à la clientèle s'établit à 428,7 milliards de francs contre 426,6 milliards en 1998, soit une très légère croissance de 0,5%. Ce sont toujours les crédits à court et long terme qui reculent respectivement de 13,5% et 60%, tandis que les crédits à moyen terme augmentent de 19,8%. La très forte baisse du crédit à long terme dénote d'une incertitude des opérateurs économiques dans l'avenir. Le recul des crédits à court terme s'explique en partie par la mesure de suspension des avances au profit des fonctionnaires et de certaines catégories d'employés (sociétés en voie de privatisation). Ceci a eu pour effet un ralentissement des dépenses d'équipement des ménages

L'évolution des dépôts et crédits de 1997 à 1999.

 

en milliards de F.cfa 1997 1998 1999 99/98
DEPOTS 367.3 343.8 356.7 3.70%
CREDITS 448.1 426.6 428.7 0.50%

Source : Etablissements bancaires

La rentabilité

Le produit net bancaire enregistre une baisse de 13,3% en 1995 pour s'établir à 53,5 milliards. Ce repli s'explique essentiellement par la baisse de la marge d'intérêts qui recule de 6,8% pour l'ensemble du secteur.

De même, la valeur ajoutée brute des banques baisse de 20,3% alors qu'en 1998 elle s'était accrue de 9%.

Le résultat net s'inscrit à nouveau en baisse de 22,1% après celle de 5,6% l'année antérieure, ce qui fait passer la rentabilité des fonds propres nets de 16,6% en 1998 à 13,7% en 1999. Cette chute des résultats concerne  l'ensemble  des  banques  commerciales.  Seule  la  BGI

enregistre une amélioration de ses performances grâce à une bonne situation de trésorerie qui lui a permis de réaliser des placements sur le marché monétaire.

Ces contre-performances sont essentiellement imputables aux tensions de trésoreries constatées au cours de l'année et à l'aggravation des risques liée à la dégradation de l'environnement économique. Cette  aggravation des risques (notamment le risque client) est démontré par le poids des  créances  douteuses  dans  les  portefeuilles  des  établissement 1998 et 1999 soit respectivement 7,4% et 8,3%, en moyenne sectorielle.

En 1999, les secteurs les plus dynamiques en terme de demande de   crédit sont ceux des télécommunications (avec la téléphonie cellulaire) de la forêt (au second semestre), et de l'informatique (passage à l'an    2000).  

Les effectifs :

Les banques emploient 1 250 personnes en 1999, contre 1 201 en1998, soit un accroissement de 4% des effectifs, dû à l'extension progressive des réseaux d'agences et à une diversification des services proposés. Les frais de personnel connaissent de ce fait une augmentation de plus de 4%.

Les investissements :

Les investissements du secteur bancaire s'élèvent à 5,2 milliards en 1999 contre 4,5 milliards en 1998, soit une augmentation de 15,6%. Ces dépenses concernent essentiellement le remplacement du matériel (notamment le matériel informatique dans le cadre du passage à l'an 2000) et l'amélioration de la productivité. La BICIG reste le premier investisseur avec son programme de modernisation de ses installations et équipements.