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On distingue trois types de cultures : les cultures vivrières,
maraîchères et de rente. L'essentiel de la production agricole vivrière et
maraîchère est consommée localement, tandis que les produits de rente (café,
cacao, caoutchouc) sont exportés en totalité.
Les cultures
vivrières
Les
cultures vivrières résultent de l'agriculture sur brûlis pratiquée par des
paysans. Dans une même plantation, on retrouve : le manioc, la banane, le taro,
l'igname, le maïs et parfois les légumes de consommation courante. La
production de ces cultures reste difficile à chiffrer du fait qu'une bonne
partie est auto consommée et qu'il n'existe pas de moyens permettant à chaque
unité de production de cerner les quanti tés produites et vendues. A cela, II
faut ajouter le fait que beaucoup d'unités de production sont inaccessibles
pendant la saison des pluies.
La production locale des cultures vivrières couvre largement
les besoins de l'ensemble du territoire. Toutefois, il faut noter les
importations de bananes, de taros et d'ignames en provenance des pays voisins
qui ne se justifient pas par un déficit de la production nationale mais l'état
défectueux du réseau routier
Evolution de la production vivrière
de 1997 à 1999
| Produits
en tonnes |
1997 |
1998 |
1999* |
99/98 |
| manioc |
211.400 |
230.500 |
255.500 |
10.80% |
| banane
plantain |
235.000 |
255.500 |
267.800 |
4.80% |
| taro |
52.940 |
64.400 |
72.000 |
11.80% |
| riz |
120 |
109 |
136 |
24.80% |
| mais |
24.000 |
27.200 |
26.800 |
-1.50% |
| arachide |
17.920 |
18.998 |
19.280 |
1.50% |
| autres |
8.000 |
7.580 |
7.890 |
4% |
Source: Direction Générale des Pêches et de l'Aquaculture
La hausse de la
production vivrière serait due au retour à la terre de certains gabonais à
revenu modeste, pour satisfaire leurs besoins alimentaires.
APG/FIDA
Le projet d'appui au
paysannat gabonais et le fonds international de développement agricole est une
association à but non lucratif dont les objectifs sont :
- accroître la production agropastorale en intégrant les paysans dans un
dispositif de recherche-action, en vulgarisant du matériel végétal, des itinéraires
techniques performants et adaptés, en mettant à la disposition des paysans,
intrants et outillage ;
- améliorer la commercialisation des produits agricoles en organisant la
collecte primaire et la concertation entre producteurs et commerçants ;
- améliorer les conditions de transformation, conservation et transport des
produits par la diffusion d'équipements adaptés ;
- faciliter les conditions d'accès au crédit par la promotion de caisses
villageoises d'épargne et de crédit ;
- améliorer la capacité d'autogestion des villageois et promouvoir des
structures associatives capables de prendre en charge et d'assurer la pérennité
des actions initiées par le projet.
En 1999, les
campagnes de sensibilisation ont amené les paysans à la culture de nouvelles
variétés de produits : bananes (plantain et gros Michel), igname, maïs, riz,
patate douce et manioc.
Chaque paysan exploite 800 mètres carrés (avec possibilité d'extension) et
perçoit environ 100.000 à 150.000 FCFA par mois.
Actuellement, les cultures vivrières sont en veilleuse à cause du manque
d'appuis technique et financier.
Les cultures
maraîchères
Les cultures maraîchères
sont produites par AGRIPOG, les populations encadrées par l'Institut Gabonais
d'Appui au Développement (IGAD) et d'autres petits maraîchers exerçant dans
l'informel. L'activité des cultures maraîchères connaît une baisse en 1999
due à l'absence chronique de semences et d'engrais. Depuis la dévaluation du
franc CFA et la mise en application de la TVA, les coûts d'importation des
intrants ont considérablement augmenté et constituent un frein au développement
de l'agriculture.
AGRIPOG
AGRIPOG est la seule
société productrice de cultures maraîchères de type moderne. En 1999,
l'activité de la société connaît une chute due à la baisse générale de
l'ensemble des activités dans la province, notamment, l'activité pétrolière
et aux énormes difficultés de trésorerie qu'elle rencontre. Ses fournisseurs
d'intrants exigent d'être payés avant la livraison de la marchandise. Cette
situation perturbe la production même si elle a enregistré une hausse de 26,3%
par rapport à l'année précédente (615 tonnes contre 487 tonnes). Le chiffre
d'affaires global réalisé en 1999 a été de 879 millions de francs CFA contre
966 millions de francs CFA en 1998, soit une baisse de 9% due à l'irrégularité
de la production et à la diversité de l'approvisionnement chez les clients. En
1999, la valeur ajoutée reste stable par rapport à l'année 1998 (360 millions
de FCFA). Durant la même période, malgré la vétusté de l'outil de
production et les moyens de conditionnement des produits inadaptés, la société
n'a pas investi par manque de moyens financiers. La masse salariale est de 413
millions de francs CFA en 1999 contre 502 millions de francs CFA en 1998, soit
une baisse de 17,7%, due à la non utilisation de la main d'œuvre temporaire.
Cette masse salariale reste encore importante par rapport au chiffre d'affaires
global (47%) et à la valeur ajoutée (114,7%). Les effectifs au 31 décembre
1999 ont été de 200 employés permanents contre 191 permanents et 20
temporaires en 1998.
IGAD
L'institut Gabonais
d'Appui au Développement est une association à but non lucratif de droit
gabonais, régie par la loi de décembre 1962. Ses objectifs peuvent être résumés
en trois points :
- développement d'un tissu agricole périurbain de type privé sous une forme
d'agriculture sédentaire intensive et protectrice de l'environnement ;
- approvisionnement des marchés urbains en produits frais locaux ;
- recherche et développement sur la valorisation des potentialités agricoles
et para-agricoles.
Pour ce faire,
l'Institut a mis en œuvre, pour le compte de l'Etat Gabonais, des projets de développement
dont l'état d'avancement et les résultats en 1999 sont présentés ci-dessous
:
|
Libellés
|
Maraichage |
Culture vivrière |
Elevage porcin |
Production de farines |
TOTAL |
| Nombre d'exploitation en activité |
130 |
51 |
8 |
2 |
191 |
| Lieu |
Libreville, Oyem et Franceville |
Estuaire |
Libreville |
Libreville,
Léconi |
|
| Surface cultivée (ha) |
5 |
55 |
- |
- |
60 |
| Production en tonne par an |
250 |
1300 |
40 |
10 |
1600 |
| Chiffres
d'affaires (millions FCFA) |
180 |
260 |
60 |
15 |
515 |
Source: IGAD
De nombreuses exploitations
ont été induites spontanément par projets. Par exemple, le maraîchage
Librevillois est passé de 50 exploitants en 1992 à plus de 250 exploitants
en 1999 (hors exploitât IGAD), et a permis une baisse des importations
de produits maraîchage de l'ordre de 40%.
Actuellement, l'IGAD forme en moyenne 15 stagiaires par mois ce
chiffre est en constante augmentation. Depuis août 1996, soixante sessions
de formation ont été dispensées, ce qui a permis de former personnes aux
métiers de l'agriculture.
Le projet de création d'une ceinture verte autour d'Oyern semble compromis
à cause du manque d'appuis.
Les cultures maraîchères souffrent du manque chronique semences
et d'engrais depuis la fermeture de la CIAM.
Les cultures
de rente
Elles concernent :
- le cacaoyer ;
- le caféier ;
- l'hévéa ;
Les cultures du
cacaoyer et du caféier sont réalisées en grande partie par les paysans
dans les provinces du Woleu-Ntem, de l'0gooué-Ivindo, de l'Ogooué-lolo
et du Haut-Ogooué. La Société de Développement
de la Caféiculture et de la Cacao culture au Gabon
(SOCAGAB) exploite des plantations de dimension moyenne dans ces mêmes
provinces. L'exploitation de l'hévéa est assurée par HEVEGAB dans les
provinces de l'Estuaire et du Woleu-Ntem
LE CAFÉ ET LE
CACAO
Les productions de
café et de cacao connaissent des évolutions mitigées en raison du
vieillissement des planteurs, de la dégradation des plantations et de l'absence
de moyens financiers susceptibles de soutenir leur développement.
Les achats et les exportations de café et de cacao sont assurés par la Caisse
de Stabilisation et de Péréquation.
Le cacao
En 1999, la
production du cacao enregistre une baisse de 26,2% (63,5 tonnes contre 86
tonnes) par rapport à l'année précédente.
Lors de la campagne 1998/1999, les achats de cacao grade 2 augmentent de 63,9%,
ceux de cacao grade 1 baissent de 16,7% par rapport à la campagne 1997/1998. La
baisse des achats de cacao grade 1 provient des intempéries et de l'écoulement
de la production paysanne vers le Cameroun où le kilogramme de cacao grade 1
avoisine 660 FCFA contre 516 au Gabon.
Les prix d'achat du cacao grade 1 et 2 s'accroissent respectivement de 14,6% et
50% par rapport à la campagne 1997/1998. Cette hausse de prix a pour objectif
d'encourager les paysans à relancer l'activité de production.
| En tonnes |
Campagne
19997/1998 |
Campagne
98/99 |
99/98 |
| Cacao grade 1 |
|
|
|
| Exportations |
436 |
336 |
-16.70% |
| Prix d'achat moyen au planteur FCFA/KG |
226 |
373 |
65% |
| Prix à l'exportation FCFA/KG |
450 |
516 |
14.60% |
| Cacao grade 2 |
855 |
673 |
-21.30% |
| Achats |
86 |
141 |
36.90% |
| EXPORTATIONS |
317 |
145 |
-54.20% |
| Prix d'achat au planteur FCFA/KG |
200 |
300 |
50% |
| Prix à l'exportation FCFA/KG |
754 |
674 |
-10.60% |
Source : Caisse de Stabilisation et de Péréquation
Au cours de la
campagne 1998/1999, les exportations de cacao grade 1 augmentent de 65% malgré
la baisse de prix de 21,3%. Dans la même période, les exportations de cacao
grade 2 chutent de 54,2%, les prix à l'exportation baissent de 10,6% par
rapport à la campagne 1997/1998.
Le café
Au cours de la
campagne 1998/1999, la production de café est de 34,8 tonnes contre 33 tonnes
en 1998, soit une hausse de 5,5%. Les achats de café s'accroissent de 56% par
rapport à la campagne 1997/1998..
Le prix d'achat du café augmente de 33,3% par rapport à la campagne 1997/1998,
afin d'encourager les paysans à relancer l'activité de production.
Au cours de la campagne 1998/1999, les exportations de café augmentent de 81,3%
malgré la baisse de prix de 8,8%
| En tonnes |
Campagne 97/98 |
Campagne 98/99 |
99/98 |
| Achats |
291 |
454 |
56% |
| Vente
locales |
37.5 |
41 |
9.30% |
| Exportations |
91 |
165 |
81.30% |
| Prix
d'achat au planteur/KG |
300 |
400 |
33.30% |
| Prix
au moyen à l'exportation FCFA/KG |
647 |
590 |
-8.80% |
| Prix
de vente locale FCFA/KG |
670 |
684 |
2% |
Source : Caisse de Stabilisation et de
Péréquation
L'hévéa
En 1999, la
production d'hévéa chute de 66,5% par rapport à l'année1998 (3.677 tonnes
contre 10.963 tonnes). Cette situation est due à l'arrêt des saignées
intervenu au cours du mois de janvier suite à la dégradation des cours
mondiaux du caoutchouc de 22,9%. De plus, compte tenu des difficultés financières
auxquelles la société est confrontée, il ne lui a pas été possible
d'apporter l'appui technique et financier nécessaire au volet villageois.
Les exportations d'hévéa baissent de 43,5% par rapport à l'année précédente.
Cette chute est due à la concurrence des pays Asiatiques.
La dégradation de la valeur ajoutée se poursuit en 1999 du fait de la chute
des cours mondiaux du caoutchouc ayant entraîné la chute du chiffre d'affaires
et le maintien des consommations intermédiaires.
En 1999, les investissements chutent de 91,4% en raison de la suspension des décaissements
de la BAD et du retard de paiement des subventions de l' État.
Alors que la société traverse une crise financière en 1999, les effectifs
enregistrent une hausse de 15% par rapport à l'année précédé
.
Par contre la masse salariale baisse de 7,9% du fait des arriérés de salaires
enregistrés au cours de l'années 1999.
Evolution de la production des
exportations et des prix d'hévéa
| En tonnes |
1997 |
1998 |
999 |
98/99 |
| Production |
10.963 |
10.963 |
3.677 |
-66.50% |
| Exportations |
8.35 |
11.064 |
6.249 |
-43.50% |
| Prix moyen de vente (FCFA / KG |
578 |
385 |
297 |
-22.90% |
| Valeur ajoutée (en millions de FCFA) |
2.395 |
-149 |
-402 |
-169.80% |
| Investissements (en millions de FCFA) |
469 |
7.689 |
660 |
-91.40% |
| Masse salariale (en millions de FCFA) |
1.851 |
1.519 |
1.399 |
-7.90% |
Source : HEVEGAB
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