Le Gabon


Un peu d'histoire

L'histoire du Gabon, avant le XV° siècle, est peu connue et sur les cartes, son emplacement restait "terra incognita". Cependant les vestiges préhistoriques trouvés le long de la vallée de l'Ogooué, notamment sur le site de la Lopé, attestent d'une occupation très ancienne. On sait que le sud et la région côtière appartenaient au royaume de Loango. 

Les Portugais, en 1472, baptisèrent le pays, quand ils pénétrèrent dans l'estuaire, "Rio de Gabao", en raison, dit-on, de sa forme, semblable à un caban (Gabao en portugais). Gabao se transforma ensuite en Gabon. Lopez Gonsalvez donna son nom au Cap Lopez et en 1480, Fernand Vaz donna le sien à la lagune qu'il découvrit. Le pays se réduisait alors au grand estuaire habité par les Mpongwé, au Cap Lopez et au pays des lagunes. Jusqu'au XVIII" siècle, les tribus côtières entretinrent des relations commerciales avec les Européens. Ces activités se réduisaient essentiellement au troc et à la traite des esclaves. 

L'esclavage existait depuis longtemps dans les sociétés africaines. Les Européens, profitant de cette pratique, contribuèrent à son accroissement. En 1839, dans sa mission de répression de la traite des noirs dans l'Atlantique sud, la marine française obtint le droit d'installer une base sur la rive gauche de l'estuaire, puis sur la rive droite, point de départ de la création d'une colonie du Gabon. En 1849, trente esclaves libérés en mer furent débarqués au pied du fortin français et installés à proximité. Ainsi naquit "Libreville".

Ces hommes qui firent l'histoire...

A l'origine, le pays était partagé entre des tribus, elles-mêmes divisées en clans. Ces derniers étaient indépendants les uns des autres mais certains chefs, particulièrement influents, surent asseoir leur autorité sur l'ensemble de la tribu, et même au delà. Parmi ceux-ci, on peut citer certains "rois" de l'Estuaire, comme le roi Denis Rapontohombo, le roi Louis Dowé, le Prince Glass, le roi Georges Rassondji, le roi Quaben...
Des officiers de marine, des explorateurs, des commerçants, des missionnaires, qui ont travaillé, peiné au prix de leur santé, et surtout aimé ce pays, et plus récemment, les hommes qui ont construit le pays depuis l'Indépendance, ont ponctué l'histoire de leurs noms.
Parmi les officiers de marine, on se doit de citer Bouët-Willaumez et Baudin. Par une politique de traités et de contrats avec les chefs indigènes, de 1839 à 1884, ces officiers ont étendu l'autorité de la France sur la côte, et ont tenté de pénétrer vers l'intérieur jusqu'au confluent de l'Ogooué et de la Ngounié. Un jeune chasseur, Paul Belloni du Chaillu, parcourut de 1855 à 1865 les forêts du Gabon et prit contact, le premier, avec la tribu Fang au pied des Monts de Cristal. Il descendit ensuite vers le sud, séjournant au FemanVaz avant de poursuivre jusqu'au bassin de te Ngounié en remontant le Rèmbo-Nkomi. Parmi les commerçants, dans les années 1865-1866, un négociant anglais, Robert Bruce Walker, père de Mgr Raponda Walker ouvrit la première factorerie pour Hatton et Cookson à Adolinanongo (Lambaréné). A la suite de la guerre franco-allemande de 1870, il fut question pour la France d'échanger le Gabon contre la Gambie. D'après la légende, la fermeté de Mgr Bessieux l'a emporté sur les ordres donnés à l'Amiral de l'escadre de l'Atlantique. La décision de quitter le Gabon fut abandonnée en fait pour des raisons économiques et politiques. Après la défaite de 1870, l'Afrique offre un terrain pour renouer avec une gloire perdue. La France voit, dans le Gabon, s'ouvrir une porte sur les richesses du continent africain.
Alfred Marche et le Marquis de Compiègne, en 1873-74, remontèrent non sans difficultés, l'Ogooué jusqu'à l'lvindo avec les Galoa et les Enenga. C'est Savorgnan de Brazza qui, en trois missions (1876, 1880 et 1883), reconnut tout le Haut-Ogooué et la plupart de ses affluents. Ces voyages relèvent chacun d'un état d'esprit différent et complémentaire. De la simple exploration, Brazza devient "visionnaire de l'espace", pour agir enfin en stratège politique. Il installa les postes de Lastourville et Franceville et poursuivit sa route jusqu'au Congo où il fonda Brazzaville. Grâce à lui, le modeste comptoir côtier du Gabon s'étendit pour devenir un pays. Beaucoup plus tard, à partir de 1888 et après 1900, la région du Woleu-Ntem fut explorée par Alfred Fourneau et surtout par le Docteur Cureau et le Capitaine Cottes. Du Commandant Bouët-Willaumez à Savorgnan de Brazza, se trace la voie de l'Afrique Équatoriale Française.

...et ceux qui l'ont poursuivie

Le 10 janvier 1910, la Colonie du Congo Français est remplacée par la Fédération de l'Afrique Équatoriale Française qui servira de cadre administratif jusqu'à l'Indépendance. Son gouverneur général résidait à Brazzaville. L'autonomie du Gabon en tant que république date de 1958 et le pays devient indépendant le 17 août 1960. Premier Président de la République du Gabon, Léon Mba dirige le pays jusqu'à sa mort 'le 28 novembre 1967. Le 2 décembre 1967, conformément aux dispositions constitutionnelles, sa succession revient au vice président Albert Bernard Bongo. Le Président s'attacha à donner à son pays une image de cohésion autour d'un parti unique, le Parti Démocratique Gabonais (PDG). Converti plus tard à l'Islam, il prend le patronyme d'EI Hadj Omar Bongo. L'ouverture au multipartisme date de 1990 après le malaise social et les grandes manifestations qui se sont répercutées sur le plan politique. Le président de la République convoque le 29 mars 1990, une conférence nationale rassemblant toutes les sensibilités politiques et confessionnelles souhaitant débattre de l'avenir du pays. A l'issue de cette conférence, un gouvernement de transition est formé, dirigé par Casimir Oyé Mba, ouvert aux représentants des formations de l'opposition. En septembre et octobre 1990 ont lieu les premières élections multipartites. En première position vient le PDG avec 59 % des voix, puis Moréna des Bûcherons avec 19 %, le Parti Gabonais du Progrès avec 18 %. Les autres partis se répartissent le reste des voix. Après des élections présidentielles pluralistes en décembre 1993 qui voient la victoire au premier tour du Président Omar Bongo, élections contestées par l'opposition, les accords de Paris sont signés en octobre 1994 entre l'exécutif, la majorité et l'opposition. Ceux-ci impliquent une réforme de la Constitution et prévoient de nouvelles règles de transparence et d'organisation pour les élections, ainsi que l'élargissement du gouvernement aux représentants de l'opposition. En juillet 1995, pour mettre en oeuvre ces accords de Paris, une réforme de la Constitution est votée par référendum à 96,29 % des suffrages.
Depuis lors, de scrutin législatif en consultations locales jusqu'aux sénatoriales du 26 janvier 1997, c'est une véritable course électorale qu'a connue le Gabon qui présente aujourd'hui un nouveau-paysage politique. Le premier ministre Paulin Obame Nguéma du Parti Démocratique Gabonais a été reconduit en janvier 1997 par le président Bongo. Le PDG a remporté les élections législatives et a une large majorité à l'Assemblée nationale. L'opposition, en revanche, a remporté les élections municipales dans plusieurs villes importantes notamment, Libreville, avec le Père Paul Mba Abessole du Rassemblement des Bûcherons et Port-Gentil avec Marie-Augustine Houangni-Ambourouet du Parti Gabonais du Progrès.

 

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