Woleu-Ntem


Oyem

En 1907, l'année de la création de la région, l'administrateur M. Weber, fonda le poste d'Oyem, à proximité d'une factorerie. Située à 635 mètres d'altitude, cette ville cosmopolite est le chef-lieu de la province du "Grand Nord" et compte 22 669 habitants. La bière Régab, fabriquée localement et plus maltée qu'à Libreville est réputée. 

Comment y aller

En 4x4
: à 411 km de Libreville en passant par Médouneu et 534 km en passant par Mitzic. Par Médouneu la route est souvent impraticable en saison des pluies, même pour un véhicule tout terrain et l'on gagnera du temps en faisant un détour par Ndjolé, malgré le mauvais état de la route. Elle a été bitumée jusqu'à Lalara, mais ce n'est plus qu'un lointain souvenir. Après Lalara et jusqu'à Oyem, la route ressemble à de la tôle ondulée, le tronçon entre Mitzic et Oyem est en cours de bitumage. 

En avion : Air Gabon, 77 000 F CFA aller-retour, tarif week-end 50 400 F CFA. Six vols par semaine, en 35 mn. Agence Air Gabon sur place, tél. 986078 /98 6134.Airlnter, 77 000 F CFA aller-retour, tarif week-end 53 200 F CFA 2 vols par semaine, en 45 mn. Agence Air Inter sur place, tél. 98 62 80. 





Masque Fang (Ngontang) à quatre visages.     

Oyem pratique
Gendarmerie
: tél. 98 61 87 - 98 61 90. 
Hôpital : tél. 98 60 44.  
Pharmacies : Gracia 98 63 42, Adjougou 98 66 06, Nguema 98 61 50.

A voir et à savoir

Dans la société Fang le Mvet est une tradition toujours vivante. Bonaventure Mve Ondo cite le mot Mvet comme désignant tout à la fois l'instrument, le joueur, le genre du récit et enfin la musique. Le Mvet, instrument à cordes prélevées sur un bambou, comporte à chaque extrémité, des bagues de liane pour régler le son. Au milieu, se trouve planté un petit morceau de bois découpé par trois ou quatre entailles où passent les cordes. La caisse de résonance est formée de demi calebasses, deux à chaque bout et une au milieu. L'ensemble mesure plus d'un mètre de large. Les récits du Mvet sont toujours chantés et exigent des conditions particulières. Généralement ils se produisent dans le corps de garde, et ne doivent sous aucun prétexte être interrompus. Il est strictement interdit aux auditeurs de se placer derrière l'artiste au cours de sa prestation. En effet, le joueur doit tourner le dos à la forêt et passer derrière lui couperait les liens spirituels qui l'unissent au génie du Mvet. Enfin, le joueur de Mvet n'est jamais un simple quidam. Il doit être initié (Adîi Mvet, littéralement "manger le Mvet"). Il reçoit un enseignement ésotérique qui lui permet de saisir la finalité de l'homme par rapport à l'Absolu. Car, dans son sens profond, par delà la thématique de l'affrontement entre le héros mortel et les Immortels, il s'agit de conscience de soi et de transcendance. Il existe deux niveaux de sens dans le Mvet : le premier tient au récit, aux images et au merveilleux ; le second est plus allégorique et métaphysique, et porte sur la nature et le sens de l'être humain.

Vos emplettes

Ebeigne
: à 22 km d'Oyem, sur la route de Mitzic. Indiqué par un panneau sur la droite. L'hôpital Hansenien d'Ebeigne, fondé par les Allemands, est destiné aux lépreux. Il n'accueille plus aujourd'hui que d'anciens patients non contagieux. Leur atelier d'artisanat propose aux gens de passage paniers, bâtons à palabre, et objets en tout genre. En fonction de la période, il y a plus ou moins de choix, mais il est intéressant de s'y arrêter, ne serait-ce que pour la bonne action. 
Mvets et Balafons : ce sont les souvenirs typiques à ramener du Woleu-Ntem. On en trouve à la boutique de l'hôtel "Mvet Palace", se renseigner également au marché. Demander "l'éducateur", il parait qu'il est le meilleur, faut-il encore le trouver... On peut aussi en commander quelques jours à l'avance à l'atelier de l'hôpital d'Ebeigne. 
L'atelier des Sœurs Salésiennes : au-dessus de l'hôpital, derrière l'église Saint-Charles Lwanga, la communauté des Sœurs Salésiennes a fondé un centre d'apprentissage pour jeunes filles. Elles ont une petite boutique où l'on peut acheter leurs créations. 

Vos agapes

Le Manguier : Quartier Tougou-Tougou. Maquis avec terrasse couverte. Le plat du jour, plus copieux, avec boisson et café coûte 5 000 F CFA par personne. Correct. On trouve aussi des restaurants dans tous les hôtels.

Vos nuits

De 10 000 à 15 000 F CFA 
Hôtel-restaurant Le Diki : quartier Adjougou. Climatisé.
Auberge l'Imprévu : centre Ville. C'est tout neuf, c'est propre et calme.  On peut y manger. 
Hôtel Mintsa : quartier la Vallée. Non climatisé. 
Mvet Palace : tél. 98 61 72-Fax: 92 61 73. Centre Ville. Le cadre est joli, au bord du lac Mvet, les chambres sont propres, certaines climatisées, d'autres ventilées, douche et WC individuels. Une couche de peinture s'impose, mais c'est correct. C'est le plus grand hôtel d'Oyem, on y mange bien à partir de 3 500 F CFA par personne. Pas la peine de demander un service particulier ou un lit supplémentaire, on vous accueille fraîchement ou on vous dit oui, et on ne fait rien. Dommage...
Le New Pam-Pam : fait aussi motel, mais surtout night-club... Pour ceux qui veulent être sur place ou qui aiment le bruit.

Vos nuits blanches

Discothèque : du jeudi au samedi au Mvet Palace, tous les soirs au New Pam-Pam. Sans oublier le Préservatif Bar au centre ville, derrière la place de l'Indépendance, où commencer sa soirée...

Comment se déplacer

Taxis : à l'aéroport, les taxis (jaunes) vous emmèneront en ville ou à Bitam. Pas de location de voitures à Oyem, pour circuler en-dehors des routes bitumées, il faut prendre un taxi-brousse à la gare routière.

VA'GABONDAGE

Découvrir le Woleu-Ntem, c'est d'abord rouler à travers la province, découvrir les villages et les traditions des Pahouins (Fang). 
Ma butane a dza (Je retourne au village - Fang) : très hospitaliers et gentils, les villageois fang vous accueilleront au sein de leur communauté à condition de respecter les règles qui régissent leur vie. Quoi que l'on ait envie de voir ou de faire, il faut toujours se présenter au Chef du village et demander la permission d'assister à une cérémonie, mais aussi de prendre des photos ou de filmer. Se faire accompagner de quelqu'un qui connaît les coutumes est recommandé, cela évite les impairs et l'on vous explique ce qui se passe. L'hospitalité fang refuse l'argent. N'essayez pas d'en offrir, apportez plutôt un cadeau. La meilleure période de l'année pour goûter la vie au village est la saison sèche : ceux qui travaillent en ville rentrent chez eux pour le temps des vacances, qui devient le temps des cérémonies et des festivités. Il est possible d'assister à un retrait de deuil, d'écouter le Mvet, de voir les danses nombreuses et variées, dont la danse Elone. 
Le
village Fang, appelé aussi village-rue est toujours traversé dans toute sa longueur par la route principale. De chaque côté de la route, on retrouve les mêmes constructions : les maisons des hommes, mariés ou non, imposantes et confortables, une cour, puis la cuisine des femmes. 
Le
corps de garde, (aba au singulier ou meba au pluriel) que l'on retrouve à peu près partout dans le pays, est un édifice public réservé aux hommes qui y passent les trois-quarts de leur temps. En bordure de route, c'est une case rectangulaire bien aérée, recouverte de paille ou de tôle. Pendant les guerres, le patriarche y résidait en permanence, toujours en alerte, les fusils chargés en permanence. De nombreux guerriers adverses sont tombés près des meba. Aujourd'hui, l'aba est le centre du village, il devient tour à tour salle de jeux, atelier de vannerie ou de sculpture, palais de justice, point de rassemblement des populations... 
Les danses Fang du Woleu-Ntem sont aussi nombreuses que variées et se pratiquent aux festivités importantes : retrait de deuil, retour d'un long voyage périlleux, réussite à un important examen. La danse traditionnelle africaine est un monde dans lequel communient les vivants et les morts. Il est possible aussi de demander d'accompagner un villageois à la chasse pour voir des animaux de brousse. La femme fang vous emmènera à la pêche, dans la plantation ou à la cueillette des fruits. 
Mission Sainte Thérèse d'Angone : à 5 km d'Oyem, sur la route de Bitam, se dresse l'impressionnante église en briques rouges, commencée en 1949 et bénie en 1957 par Mgr Adam. Ce bel édifice, conçu comme une cathédrale à nef centrale et bas-côtés, possède un large transept et un chevet à déambulatoire. Un élégant clocher de 29 mètres de haut domine les environs du village d'Angone. On y reçoit un accueil chaleureux de toute la communauté, et les frères sont toujours prêts à raconter une anecdote. La messe dominicale est dite "en langue" à partir de 9h et dure jusqu'à ce que les chanteurs n'aient plus de voix... Les paroissiens chantent, dansent et vivent le culte avec la même passion que l'on retrouve dans les coins les plus reculés du Gabon. 
A l'assaut du Mont Koum : à 30 km d'Oyem, toujours sur la route de Bitam, le Mont Koum surprend le voyageur. Son sommet pelé, pas très élevé, s'orne d'une croix érigée par les protestants en 1961. La balade jusqu'au sommet vaut le coup, elle n'est pas difficile, et la vue est panoramique. S'arrêter à Koumassi (au pied de Koum en fang), un villageois vous guidera sans problème. Compter 20 minutes à une demi-heure pour monter sans se presser avec de bonnes chaussures pour ne pas glisser. On marche dans la forêt, l'occasion de découvrir les plantations des villageoises et quelques arbres gigantesques, puis dans la savane. Tout en haut, c'est superbe : des villages environnants aux carrières de latérite et de pierre, on entend même le son du tam-tam...

 

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