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L'Ogooué tumultueux devient
navigable entre Ndjolé et Port-Gentil en passant par Lambaréné, avant de se
jeter dans l'océan. Il en va de même pour la Ngounié qui rejoint l'Ogooué en
amont de Lambaréné. Les bateaux et les barges jusqu'à 300 tonnes peuvent y
naviguer. H est fréquent de les croiser sur le fleuve, transportant des grumes
de bois durs et des passagers, souvent chargés de paniers remplis de
victuailles destinées au marché de Port-Gentil. On voit aussi de grands
radeaux
d'okoumé et d'ozigo tirés par de puissants remorqueurs. Les navigateurs qui
fréquentaient les côtes depuis la fin du XV° siècle n'ont pas pénétré la
région, du moins aucun récit n'en a révélé l'existence. L'espace est demeuré
quasiment inconnu des Occidentaux jusqu'en 1819, lorsque T.E. Bowdich publie
"Voyages dans le pays d'Aschantie". Il décrit l'ensemble ethnique que
forme le groupe linguistique Myéné. Les américains Walker et Preston en 1854
organisent la remontée de l'Ogooué, suivis par l'explorateur du Chaillu.
Cependant, ce n'est qu'à
partir des expéditions de la Marine française qu'ont été dressés les
premiers relevés cartographiques de l'Ogooué. Lambaréné était un centre de
commerce contrôlé par les rois NKombé et Ranoké, souverains des tri bus
Galoa et Enanga qui peuplent la grande île de l'Ogooué. Dans cette moitié de
siècle, la traite des esclaves était intense et rentable pour les populations
côtières qui ont maintenu leur monopole en empêchant la communication entre
les étrangers et les tribus de l'intérieur. En 1867, un traité de paix,
d'amitié et de commerce est signé entre la France et le roi Ranoké, puis en
1873 avec le roi galoa Nkombé. C'est ainsi
que les comptoirs furent établis le long du fleuve. Robert Bruce Walker,
père de l'abbé, ouvrit la première factorerie Hatton et Cookson sur le site
de l'actuel hôpital Schweitzer, Les missions chrétiennes suivirent le
mouvement à partir de 1880. Aujourd'hui, Lambaréné demeure un centre
administratif et économique
actif grâce à ses voies de communications routières et fluviales.
Les populations du Moyen-Ogooué sont une véritable mosaïque ethnique
appartenant à quatre des sept groupes linguistiques du pays : Myéné, Fang,
Okandé et Mérié. |