Ogooué-Lolo


Lastoursville  

La ville compte aujourd'hui 6 053 habitants. C'est un gros bourg qui s'étire le long de la route principale bordée de petits commerces animés. Lastoursville est située dans une région de forêts et de savanes, en bordure de l'Ogooué. Le cours du fleuve est irrégulier et coupé de nombreuses "chutes" ou rapides dont les plus célèbres sont celles de Boundji à 26 km en aval et de Doumé à 32 km en amont. La navigation sur le fleuve demande une grande expérience et a rendu célèbres les piroguiers adouma, passés maîtres en cet art. Carrefour routier et halte ferroviaire, Lastoursville est le rendez-vous des forestiers.

Comment y aller
En avion : Air Gabon, 88 800 F CFA aller-retour, tarif week-end 58 100 F CFA  1 vol par semaine, en 50 mn. Agence Air Gabon sur place, tél. 65 02 58. En train : 1ère classe : 41 600 F CFA, 2ème classe : 33 200 F CFA aller-retour, 3 à 5 trains par semaine, environ 8 heures de voyage . Gare Octra sur place, tél. 64 00 93. En voiture : à une heure quinze environ (60 km) de Koulamoutou, mais moins lorsque la route bitumée sera terminée.

Lastoursville pratique
Gendarmerie : tél. 64 02 20.  
Hôpital : tél. 64 02 30.  
Pas de banques, la plus proche est à Moanda. 

A voir et à savoir  
Le site, appelé autrefois Mandji, fut atteint par Savorgnan de Brazza en 1877. François Rigail de Lastours, ingénieur des mines, le baptisa Madiville (ce qui signifie ville de l'huile), au cours de sa mission dans l'ouest africain, le 9 juillet 1883. Il créa également les premiers postes coloniaux entre Ndjolé et Madiville. Bien placé sur les berges de l'Ogooué, ce point stratégique permettait de stocker les provisions des expéditions. Rigail de Lastours mourut 2 ans plus tard, le 17 juin 1885, d'un accès de paludisme. C'est le capitaine de frégate Pradier qui obtint, en 1886, que Madiville prenne le nom de Lastoursville.

Vos agapes, vos nuits, vos nuits blanches

La mission Saint-Pierre Claver est un havre de paix que le visiteur saura apprécier. Les chambres blanchies à la chaux, aux "naco" bleus, gardent l'atmosphère des anciennes cellules des pères qui les occupaient.
 Hôtel N'goombi : tél. 64 00 61. 13 chambres, l studio, l suite, l dortoir. Climatisation, salle de réunion. Cadre agréable, lieu de rencontre et de détente des forestiers de la région. Restaurant à la carte variée. Cuisine africaine et européenne, gibier. Discothèque, 

Comment se déplacer 

T
axis et taxis-brousse prennent le voyageur dans la rue principale pour toutes destinations. Savoir que les horaires sont approximatifs et les rendez-vous quelquefois aléatoires. Ne pas hésiter à discuter les prix !

VA-GABONDAGE 
Pour vous guider et apprécier les richesses touristiques de la région, s'adresser au chef de regroupement, Germain Ngoyé (que l'on peut joindre par l'hôtel N'goombi), homme-ressource, sérieux, organisé et faisant preuve de grandes qualités humaines.  
La tombe de Lastours :
l'explorateur est enterré dans le quartier Mitchaca  (après l'hôtel N'Goombi). Située en hauteur au bout d'une allée de bananiers, sa tombe, précédée d'une stèle en forme de losanges dressés, est à l'ombre d'un bosquet de bambous qui donne au site un aspect paisible et frais. Sui la plaque surmontée d'une belle croix ouvragée en ferronnerie, on peut lire "F R de Lastours, Mort ici pour la France, 1855 - 1885". 
L'île Fétiche : à l'entrée de la ville, en prenant sur la droite, on descend  vers le pont qui traverse l'Ogooué pour bénéficier de la vue sur le fleuve et l'île Fétiche. Jadis, quand le lieu s'appelait encore Mandji, "les voleurs et les adultères provenant des pays Douma et Wandji étaient réduits en esclavage et entreposés sur l'île Fétiche avant d'être vendus aux Okandé qui allaient à Lambaréné les vendre aux  Aloa. Il arrivait que l'on attirât les gens dans l'île sous prétexte de pêche, en réalité pour les vendre " (Hubert Deschamps, Traditions orales et archives du Gabon). Aujourd'hui certains villageois sont réticents à s'y rendre, ils invoquent des enlèvements et des disparitions suspectes. Les grands rites initiatiques étaient pratiqués sur ces lieux. Peu d'autochtones vous en parleront, soit par méconnaissance, soit par goût du secret. L'île garde tout son mystère.    
La Mission Saint-Pierre Claver de Lastoursville :
commanditée par Savorgnan de Brazza, l'arrivée des pères Bichet et Davezac date de 1883. La mission s'installe alors et commence à se construire, en briques rosés fabriquées sur place. Le père Hée la rejoint en 1894, avant de se fixer à Franceville en 1898. Après plusieurs tentatives d'assassinat des pères par les Adouma, la mission est installée à Franceville en 1899. La relève est assurée plus tard, en 1946, par des pères hollandais. Elle est actuellement sous la direction de cinq frères et deux soeurs de la Communauté de la Béatitude. La Mission se trouve sur la route de Koulamoutou, à environ 5 km de la ville. L'église, de belles proportions, est au bout d'une longue allée de palmiers. Son porche est surmonté d'une tour centrale percée de fenêtres gémellées. La tribune qui surmonte le porche à trois ouvertures en arc en plein cintre est du plus bel effet. Tout, dans cette architecture, est marqué par le chiffre trois : ouvertures centrales, arcades qui abritent l'espace des confessions, contreforts qui rythment les parois et délimitent des zones éclairées de trois fenêtres... Comme à Koulamoutou l'influence de l'architecture romane est perceptible. 
Les "chutes" (rapides) de Doumé, 3 heures 30.
"
Comme je descendais les fleuves impassibles..."
En se laissant porter, au fil de l'eau sur l'Ogooué, le trajet en pirogue à moteur de 15 CV peut paraître lent, surtout quand on remonte son cours sur 32 km. Cependant, c'est ce qui fait aussi son charme. Il faut abandonner le stress de "l'homme pressé" et accepter de se laisser glisser tel un "Bateau Ivre", au gré des courants et des rapides que le piroguier habile évite en passant d'une rive à l'autre. L'embarcation avance en zigzag, on peut admirer la riche végétation des bords du fleuve qui, loin d'être régulier, passe du calme plat aux tumultes des flots. Sur la gauche, près de Lastoursville, un dépôt de bois de plusieurs centaines de mètres signale l'activité des forestiers dans la région. Après avoir passé les rapides du Ngomo, du Matémo et du Sessingué, tout à coup, l'horizon est barré par la forêt très dense. Le lit du fleuve s'incurve et devient plus étroit. Les rapides font entendre leur rumeur et vous êtes impressionnés par leur intensité, ne sachant encore si vous allez les passer dans votre embarcation. Ayant accosté à proximité (par chance, on ne les franchit pas) vous pourrez les admirer à loisir de la berge. L'accès aux "chutes" se fait aussi par la route, en se rendant au hameau de Doumé, mais la sensation de découverte est différente. Le trajet du retour est plus rapide puisque l'on descend le fleuve. Un conseil, revenez en fin d'après-midi, la lumière rasante du soleil couchant permet d'admirer le contraste que forment les masses sombres des arbres couverts de lianes, sortes de "falaises" massives et compactes, sur la base argentée de l'eau.

Les grottes,
2 h 30 à 4 heures (1 ou 2 grottes). Précautions préalables : chaussures de marche aux semelles anti-dérapantes, pantalons résistants (attention aux glissades dans la boue), bonne torche et éventuellement une corde pour faciliter la descente. Ne pas entreprendre la visite avec des enfants de moins de 10 ans. A faire de préférence en saison sèche. Prendre la route de Doumé en suivant l'Ogooué et s'arrêter au hameau de  Pahon-Pira. Un guide est indispensable pour entreprendre cette randonnée vers les grottes. En suivant un sentier qui serpente dans de hautes herbes on aperçoit, sur la gauche, la montagne Likoumou. La marche, assez sportive à l'approche des grottes, est très agréable, dans la forêt aux parfums délicats. D'immenses fromagers ponctuent le chemin que le guide doit souvent ouvrir à la machette. Au bout d'une heure de marche à un bon rythme, la première grotte est en vue, béance au creux d'un rocher couvert de mousse et de fougères. La descente, sur un plan fortement incliné de terre glissante, est difficile. Mais la récompense est au bout : une belle salle d'où partent des galeries, espace accidenté au creux duquel serpente un petit cours d'eau. La remontée est beaucoup plus facile. Après une progression d'environ 3/4 d'heure, la deuxième grotte est assez difficile à trouver dans une végétation plus dense encore. Cette grotte est très différente de la précédente : vaste et plus claire, elle permet de traverser le relief et de ressortir sur l'autre versant de la colline. 
Les chantiers forestiers,
une journée. Quatre entreprises forestières ont des chantiers dans un rayon de 20 à 50 km de Lastoursville : la SBL, la CEB, la SOFORGA et EGG. Une visite de chantier forestier peut être organisée, à condition de prendre contact au préalable avec ces sociétés, et .pour des raisons de sécurité, d'être en effectif réduit. Le travail du bois est très intéressant à voir : débardage, abattage, chargement de camions, scieries etc. Une balade en forêt, sombre et dense, avec reconnaissance des multiples espèces d'arbres, okoumé, padouk, kévazingo, rikio...(sauf le zingana que l'on trouve dans le Fernan Vaz), permet aux amoureux de calme, de solitude et de nature, d'être comblés.

A lire DESCHAMPS H. - Traditions orales et archives du Gabon. Paris, Berger-Levrault, 1962.  
LE CARPENTIER G., Walter R. - Facettes d'histoire du Gabon, cartes postales d'antan, Paris, Champs Elysées, 1993.    
SAINT-AUBIN (de) G. - La forêt du Gabon. Nogent-sur-Mame, éditions du Centre Technique Forestier Tropical, 1963.

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