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La forêt classée de la Mondah

La forêt classée de la Mondah est située sur la presqu'île entre Libreville et le Cap Estérias. Les Portugais, qui l'investirent les premiers, échangèrent cette terre avec les Espagnols en 1778 par le traité Pardo. Ce n'est qu'avec le traité de 1900 que les frontières furent fixées entre les possessions espagnoles et françaises.

L'exploitation de la forêt

Dans la Mondah, l'okoumé bénéficie d'excellentes conditions climatiques pour se développer et son évacuation par flottaison est facile. Cette situation n'échappe pas aux coloniaux qui, dès 1900, vont l'exploiter. 12 400 ha sont concédés à la Société Forestière de la Mondah.  En 1934, pour des raisons de réglementation, la concession leur est retirée. Pendant 20 ans, le massif forestier fait l'objet d'inventaire et d'enrichissement des parties pauvres par la Société Technique de la Forêt d'Okoumé (STFO). 

Un centre de formation, devenu en 1967 l'Institut National des Études Forestières (INEF) s'ouvre alors au Cap Estérias. Parallèlement, les sablières et la carrière de calcaire Martel sont exploitées. En 1975, l'École nationale des Eaux et Forêts (ENEF) remplace l'INEF. La presqu'île était peuplée initialement par les Benga du Cap Estérias et les Sekiani de Santa Clara. Peu à peu, des populations issues de la plupart des ethnies du Gabon et des pays voisins, attirées par Libreville et les chantiers, se sont retrouvées "à chercher la vie" dans la forêt et dans lu baie de la Mondah. Entre 1970 et 1990, 2 500 hectares de forêt sont déclassés augmentant les coupes de bois. L'exploitation des carrières de sable liée à l'urbanisation de la capitale est intensive. Les migrations humaines en quête de terrain et de travail augmentent. Les aides financières étrangères octroyées à l'INEF pour la protection de la forêt sont supprimées. Tous ces facteurs ont entraîné une très sévère dégradation de la forêt et de ses écosystèmes. Peu d'animaux y vivent tant ils sont pourchassés et piégés. La disparition totale du massif étant à craindre dans un proche avenir, les moyens de son sauvetage sont alors donnés à l'ENEF à partir de 1991. Cette dernière avec les aides extérieures de la Banque mondiale et des Coopérations allemande et belge a pour but l'inventaire, le reboisement, la conservation du patrimoine mais aussi l'ouverture à un écotourisme de découverte.   

Comment y aller

En voiture : à 10 km de Libreville après l'aéroport. La forêt commence au Campement n°1 où est installé un marché. Accessible en berline.

VA'GABONDAGE

Le marché : au Campement ¹1, sur les bords de la chaussée est installé, tous les jours, un marché typique où l'on trouve du gibier, du poisson, des vers de palmiers, des champignons, des feuilles, des écorces, des fruits, du vin de palme. 
La forêt : les hautes futaies tamisent la lumière du jour. Parmi la luxuriance des essences d'arbres où l'okoumé tient une place de choix, ici et là, des sentiers s'enfoncent dans l'épaisseur des sous-bois. Le mystère entoure ces lieux chargés d'histoires et d'événements. Aussi ressent-on un certain soulagement, quand au détour d'un chemin apparaît une villageoise portant sur le dos sa hotte ou un villageois venant tout simplement au rendez-vous des buveurs de vin de palme. Tradipraticiens, fétichistes, charbonniers, forestiers, braconniers, pêcheurs vivent et travaillent dans la forêt. Cette situation ne va pas sans poser de problèmes, notamment de conservation du patrimoine forestier. Des noms insolites identifient les zones d'habitation : Marseille, Mitterrand, Carrefour Bakota, Koubou Koubou....
La parcelle des conservateurs : en atteignant le Cap Estérias, on remarque au carrefour, l'École Nationale des Eaux et Forêts (ENEF) et son nouveau foyer des étudiants bien intégré dans l'environnement. Il faut absolument faire une halte et rencontrer l'un des responsables. C'est le meilleur moyen de visiter la forêt. A proximité de la capitale, ce "sanctuaire" permet d'appréhender la grande forêt dense et humide. Peuplé d'okoumés, on y retrouve aussi les essences caractéristiques de la forêt littorale (okala, evino, ngom, ngaba) ainsi que les très hauts arbres de la forêt primitive (ozouga, azobé andoung). On y pénètre accompagné par les agents de l'ENEF, sans difficulté car les sous-bois sont naturellement sans broussaille. Dans peu de temps, des sentiers-nature vont être aménagés, permettant aux visiteurs de découvrir l'ensemble de ce massif forestier et les grottes du Cap Estérias.

 

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